Les huiles essentielles qualité distillation:
(D'après des articles de Henri Viaud, distillateur-Thérapeutiques naturelles-GNOMA-1993)
I. Origines de la distillation. Abrégé historique
Il est difficile de fixer de façon certaine la date de la première extraction de ce que nous désignons sous le nom "d'huile essentielle". Les premières degrés de la distillation ont servi à l'obtention de l'alcool à partir d'un vin, de "l'esprit" contenu dans du miel fermenté. Et cela daterait du temps du déluge d'après les documents hébraiques. Si depuis des millénaires les aromates, les baumes et les résines furent utilisés pour l'embaumement, les cérémonies religieuses ou les sacrifices, nul document ne permet de conclure à la préparation d'huiles essentielles. Les témoignages les plus anciens relatifs à l'obtention de produits naturels sont contenus dans les livres sanscrits des Ayurvedas. Il est permis d'en tirer la conclusion que les Hindous connaissaient la fermentation, des appareils distillatoires rudimentaires et les produits distillés qui en résultaient. Sont mentionnées les essences de calamus et d'andropogon. En fait il devait s'agir de solutions alcooliques.
Dioscoride Pedanius, médecin grec de Cilicie au Ier siècle de notre ère, écrivit sous Néron un ouvrage "Sur la matière médicale" qui fut reproduit au Moyen Age par les Arabes. Il a recherché les origines de la distillation ayant noté que les eaux distillées étaient propres aux usages médicaux. L'Egypte fut un berceau de l'art et de la distillation. Les anciens Perses et les Egyptiens isolaient d'autres parfums et connaissaient l'essence de térébenthine de résine de Pistacia terebenthus, sans doute la première huile essentielle, car extraite par distillation sèche. Les Romains, grands utilisateurs de parfums, les conaissaient sous forme de graisse aromatiques ou d'huile parfumées. Dioscoride, Pline et Claudius Galenus les mentionnent dans leurs écrits.
Les premiers documents sur l'histoire de la distillation remontent aux écrits de Geber (Dschabir) au IX e siècle: description de la distillation sèche et de la distillation aqueuse. Aucun peuple n'était plus versé que les Arabes dans l'alchémie, la médecine, les sources naturelles. Les médecins et les alchimistes arabes avaient enventé le serpentin pour perfectionner la réfrigération du produit distillé. La première description authentique de distillation d'huiles essentielles a été faite minitieusement par Arnold Villanova de Bachuone au XIIIe siècle pour la térébenthine et le romarin, par Raymond Lulle pour la Sauge. Mais les plantes étant préalablement macérées dans l'eau de vie ou mises à fermenter dans l'eau, grace à la présence d'alcool, la séparation des huiles essentielles ne se produisait pas et l'on obtenait des eaux distillées aromatiques. Furent également distillées à la même époque les huiles essentielles d'amandes amères, de rue, de canelle, de rose, de santal. Au commencement du XIVe siècle les appareils distillatoires passèrent dans les laboratoires médicaux et alchimiques et y acquirent de multiples perfectionnements. Seule à cette époque l'huile de térébenthine représente une huile essentielle. Vers la fin fin du XVe siècle, médecin à Strasbourg, Jérome Brunschwig ne mentionne que les huiles essentielles d'aspic, de térébenthine, de bois de genévrier et de romarin. Le but des distillations étaient l'obtention des Quintae essentiae. Mais tous ces distillats étaient fortement alcoolisés et l'on n'avait encore aucune notion des huiles essentielles. Après bien des ouvrages sur l'art de la distillation il faut attendre le "Liber de distillatione" écrit par Giovanni Battista della Porta en 1563 pour spécifier clairement les huiles grasses, les huiles essentielles et la manière de séparer les essences des eaux distillées aromatiques. Ce n'est qu'au cours des XVIe et XVIIe siècles que les huiles essentielles ont reçu leurs premières applications en tant que telles et leur introduction dans le commerce.
II Garanties exigibles pour des huiles essentielles utilisées en thérapeutique
On doit reconnaitre aux huiles essentielles une activité thérapeuthique aussi varié que réelle. Ce n'est pas dans le constituant principal seul que réside l'activité du produit, mais dans l'ensemble des composants, même les plus subtils. Si l'on essaye de remplacer la menthe par le menthol, la girofle par l'eugenol, le bouleau par du sallicilate de méthyle, les résultats sont décevants. Une foule de constituants impondérables et, souvent encore inconnus rendent la reconstitution des huiles essentielles à partir de leurs éléments impossible. Il convient donc d'être très exigeant sur la qualité des huiles essentielles utilisées en thérapeuthique et de demander des garanties.
III. Marché des produits aromatiques et son évolution
Depuis plus d'un siècle les produits aromatiques étaient presque exclusivement destinés à la parfumerie disposant ainsi d'un quasi monopole. Or, en ce domaine, la considération du prix de revient a, au tout premier rang, conditionné le marché. Le principal souci a été d'abaisser le prix de revient souvent élevé et parfois prohibitif. Chez les industriels de la parfumerie les normes de qualité n'étaient pas recherche de pureté et de produit naturel mais souci d'une impression olfactive stable. Cet impératif lié à celui de rentabilité a conduit à abaisser le prix de revient: augmentation du rendement en utilisant des extractions par solvants ou en admettant des substances composés de produits chimique de synthèse. En l'espace de vingt ans devant un egouement du public pour les médecines naturelles, malgré les réticences de la médecine officielle à reconaitre la valeur thérapeuthique des huiles essentielles, ce marché "médical" s'est considérablement développé. Des laboratoires commerciaux diffusants ces produits se sont multipliés comme des champignons. Mais, à part quelques "puristes" ayant pour souci principal la qualité, les autres, mus par le moteur économique de rentabilité, pour offrir des prix compétitifs, une gamme variée avec un approvisionnement simplifié, tout en augmentant leur marge bénéficiaire, ont été conduits à se fournir chez les parfumeurs non libéres de leurs vieilles habitudes ou simplement sceptiques sur ce nouveau marché. Ils ont ainsi fourni des produits conformes aux normes de parfumerie ou cosmétiques mais non aux exigences médicales. Ou alors ils sont passés par des producteurs familiers de mélanges, coupages ou emploi d'autres variétés de plantes. Malheureusement ils ont été aidés par un consommateur peu averti: information rudimentaire et impossibilité de jugement sûr. Dans ces conditions les médecins aromatherapeutes notant souvent sur des malades des résultats décevants et non conformes à leurs prévisions (allergies, éruption cutanées, maladies diverses exabérées par des produits de synthèse) s'interrogèrent et commencèrent à s'inquiéter de la qualité des produits distribués. C'est alors qu'apparurent des garanties qui, en fait, n'en étaient pas, comme "huile essentielle 100 % naturelles". Cela pouvait être exact sans pourtant être l'huile essentielle pure attendue. Car il est possible de diminuer le prix d'huiles essentielles chères en les incorporants dans d'autres produits naturels à bas prix comme la térébenthine ou des terpènes naturels. Quelles sont donc les garanties à exiger pour une huile essentielle destinée à un usage médical? Pour les déterminer il faut étudier toutes les étappes de la production.
IV. Garanties exigibles
A.-La plante
Variété botanique
Quand le nom attribué à une huile essentielle est un nom général, il faut préciser le nom latin de la plante d'ou elle est tirée, seul language scientifique international bien défini en cette matière. D'autre part, pour une même variété botanique il existe plusieurs chémotypes, c'est-à-dire, des plantes fournissant des huiles essentielles de compositions différentes. La variabilité chimique est d'origine génétique mais elle dépend aussi du biotope: composition du sol, conditions climatiques. Elle dépend également de la saison de ceuillette. Prenons l'exemple du thym (thymus vulgaris). Les résultats de l'analyse des huiles essentielles nous ont permis de définir 7 types chimiques, ou chémotypes, très tranchés:
1.Chémotype à 1,8-cineol (80 à 90 % de cineol)
2.Chemotype à géraniol (80 à 90 % de géraniol libre estérifié)
3.Chémotype à linalol (80 à 90 % de linalol libre estérifié)
4.Chémotype à terpineol (80 à 90 % de terpineol libre estérifié)
5.Chémotype à thuyanol (50 à 60 % de trans-thuyanol-4/10 à 20 % de terpineol-4/ 10 à 20 % de cis-myrcrénol-8°)
6. Chémotype à thymol (70 % de thymol en été)
7. Chémotype à carvacrol (80 % de carvacrol en été)
Propriétés de ces différents chémotypes:
1. Décongestionnant broncho-pulmonaire
2.Antibactérien, antifongique, antiviral
3.Antibactérie, antifongique, viricide. Candida albicans, staphylocoque et parasites intestinaux.
4.Hémolytique
5.Bactéricide, viricide, neurotonique. Chlamidia, O.R.L., asthénies
6.Anti-infectieux majeur
7.Antiseptique pulmonaire
Autre exemple: les sauges. Trois variétés botaniques sont distillées:
-Salvia officinalis, variété dite "dalmate" à larges feuilles- feuilles fleurs bleu- violet, très denses.
Salvia officinalis, à petites feuilles-fleurs bleu-violet-clair. C'est cette sauge dont il y avait souvent un pied ou deux dans les jardins de nos campagnes.
Salvia sclarea, sauge sclarée. L'huile essentielle de la première contient de 11 % à 60 % de thuyone. celle de la seconde de 0,5 % à 4 %. Celle de la sauge sclarée n'en contient pas. La thuyone étant neurotoxique il faudra être très prudent et n'administrer que des doses extrêmement faibles de sauge officinale v. "dalmate" ou "muscade".
Dernier exemple: l'huile essentielle de bouleau. Celle généralement fournie sous ce terme par l'industrie de la parfumerie est tirée du bois de bouleau: Betula alba ou Brea. Elle est obtenu par pyrogénation de bois et distillation des goudrons. Cette huile est brun foncé ou bien incolore si elle est rectifiée. C'est un produit composé de crésol, xylénol, guaiacol, créosol, pyrocathéchol et trace de phénols. Elle est cancérigène, doit être utilisée à faible dose et si, pour quelques indications (rhumatismes diabétiques) elle peut être prescrite, elle pourrait être largement remplacée par d'autres huiles essentielles. Celle qui est plus recherchée est l'huile de Bétula lenta ou betula aleghaniensis, composée à 98,5 % de salicilate de méthyle naturel. C'est un exellent antirhumatismal. Il est clair que la seule mention "huile essentielle de bouleau" ne suffit pas.
Origine géographique de la plante
Une même plante suivant son biotope donne des chémotypes différents. Les fleurs d'une même arbuste, le Canangium odoratum, fournit deux huiles essentielles très différentes suivant son aire géographique: huile essentielle d'Ylang-Ylang aux Comores, à Madagascar, et huile essentielle de Cananga à Java.
Partie de la plante
Encore une précision à donner car suivant qu'il s'agit de la plante entière, des fleurs, des racines ou des graines, l'huile essentielle n'a pas la même composition. Il faut distinguer Fenouil plante entière et Fenouil semences-Persil graines et Persil feuilles. Les aurantiacées fournissent des huiles essentielles différentes. Le Citrus aurantium- orange amère-par expression du zeste du fruit, l'huile essentielle de Bigarade. Par distillation des feuilles: le Petit-grain bigarade. Par distillation des fleurs: le Néroli bigarade. Tous trois de propriétés et de parfums différents.
Récolte
Influent également sur la qualité des huiles essentielles la météorologie au moment de la récolte, l'heure de la récolte et la période de la végétation. Il ne faut pas récolter par temps couvert ou humide, sous peine de nuire à la qualité. Une huile essentielle de Menthe ne présente pas la même composition selon qu'elle est préparée à partir des plantes récoltées le matin, au milieu ou en fin de journeé. Le taux de thuyone de la sauge officinale v. Dalmate est de 26 % pour une récolte de printemps et de 51 % pour une récolte d'automme. La ceuillette doit se faire au moment ou la plante est la plus riche en esters aromatiques: pour la lavande en fin de floraison, quand les abeilles vont cesser de butiner, pour la sauge sclarée après la floraison, à la graine, avant la floraison pour la sarriette et la menthe.
Culture
Il faut noter s'il s'agit de plantes sauvages donnant des produits généralement plus actifs, récoltées loin de régions polluées, ou de plantes cultivées, ces dernières devant être de culture naturelle ou biologique, car les produits organiques utilisés comme pesticides ou désherbants, tels DDT, lindane, passent à la distillation.
Comme chez les aurantiacées les cellules sécrétrices des huiles essentielles sont très superficielles donc successibles de subir des atteintes par les produits chimiques de traitements. Sachant que ceux-ci sont généralisés sur la planète, nous avons fait analyser des huiles essentielles de citron et d'orange de diverses provenances. L'analyse de certaines huiles essentielles d'Espagne ont révélé dans les 15 gouttes journalières préconisées par certains médecins des doses de Parathion supérieures à la dose toxique limite fixée par l'O.M.S.
Les procédés d'extraction des huiles essentielles: Part 1
(D'après des articles de Henri Viaud, distillateur-Thérapeutiques naturelles-GNOMA-1993)
(les images seront bientôt ajoutées...Michel...)
I. Distillation par entraînement à la vapeur d'eau à basse pression
C'est la méthode utilisée depuis plus d'un millénaire qui est susceptible, si elle est bien conduite, de fournir des produits de qualité.
Principe:
Les plantes sont traversées par de la vapeur d'eau. A la sortie du récipient, cette vapeur qui s'est chargée d'huile essentielle, est condensée dans un serpentin refroidi par un courant froid. Un séparateur ou essencier receuille eau et huile et permet de retirer cette dernière par différence de densité.
L'alambic
Ceux-ci au cours des siècles ont été peu à peu perfectionnés. Voici le schéma de l'alambic de campagne utilisé encore pour la lavande en Provence vers 1950. On trouve encore des alambics analogues en Afrique, en Extrême-Orient et en Amérique du Sud. La caractéristique de ces alambics est que eau et plantes sont dans la même cuve; au mieux les plantes au-dessus de l'eau sur une grille.
Inconvénients:
Conduite de la chauffe plus difficile. Arrêt de la distillation pour remettre de l'eau. La matière végétale peut être brûlée et diminuer la qualité de l'huile essentielle. Un perfectionnement important avait été apporté dés le XIVe siècle par les industriels avec l'appareil représenté ci-contre. Il se compose des parties suivantes:
a) Une chaudière (1) qui produit de la vapeur.
b) Une cuve (2) dans laquelle sont placées les semences à distiller. La vapeur est envoyée par le bas, traverse la matière à distiller.
c) Un chapiteau (3) dans lequel passe cette vapeur.
d) Un serpentin (4) dans un réfrigérateur (5) ou la vapeur d'huile essentielle se condense.
e) Un essencier (6) permet de séparer l'huile essentielle de l'eau.
Accessoires:
Sécurité (7) qui laisse échapper la vapeur s'il y a surpression
Alimentation en eau froide (8) de la cuve de refroidissement
Vidange de la cuve après distillation.
L'essencier
Voici le modèle courant en Provence pour la distillation d'huiles essentielles plus légères que l'eau (lavande, romarin, menthe, sauge...) L'eau est évacuée par le bas de l'essencier par le tube coudé (1), celui-ci maintient le niveau dans l'essencier au ras du tube (2) qui permet à l'huile essentielle plus légère de couler dans la partie supérieure (3).
Ci-contre, croquis d'un essencier permettant de receuillir aussi bien les huiles essentielles moins denses que l'eau, que celles plus rares qui sont plus lourdes comme persil, carotte...
(1)Receuil eau et huiles essentielles condensées.
(2) Receuil des huiles plus légères.
(3)Receuil des huiles lourdes.
(4)Evacuation des eaux
Conduite de la distillation-Matériaux
-L'eau utilisée doit être pure, eau de source non polluée, de préférence peu calcaire pour ne pas avoir à détartrer la chaudière fréquemment avec des composés chimiques.
-L'alambic, anciennement en cuivre ou en fer, est aujourd'hui en inox. Le fer, en effet est attaqué profondément lors de la distillation de quelques plantes, en particulier des résineux comme le pin, le cyprès, le génévrier: certains attribuent la coloration de certaines huiles essentielles, comme celle de thym, aux cuves en fer. En fait, avec une cuve en fer, on peut obtenir pour le thym toutes les nuances de couleurs depuis le jaune clair au brun foncé. Cette teinte varie avec la composition de l'huile essentielle qui dépend du chémotype, donc avec le biotope. On obtient les mêmes teintes avec un alambic en inox.
L'essencier peut être en fer galvanisé, en cuivre, cuivre étamé ou en inox. Pour les huiles essentielles de densité très voisine de l'eau, on est amené à laisser le mélange plusieurs heures dans l'essencier pour obtenir une séparation complète par différence de densisté. En ce cas, si l'essencier est en cuivre ou en laiton, l'huile essentielle se colore en vert par dissolution d'oxyde de cuivre. Un essencier en inox est donc préférable. Un essencier en verre conviendrait aussi pour la pureté du produit, mais ceux-ci sont fragiles et assez difficiles à construire. Ils ne sont généralement utilisés que dans les laboratoires d'essais et de recherches.
-Conduite de la chauffe:
une basse pression (0,1 à 0,2 bar) est favorable pour éviter la décomposition de certains composants ainsi qu'une odeur de brûlé. Il faut aussi éviter de distiller à haute température pour éviter des résinifications. Il est nécessaire de conduire la distillation lentement pour préserver la pureté du produit et de la poursuivre jusqu'à l'obtention des produits les moins volatils, qui sont parfois les plus importants comme dans le santal, le pin sylvestre.
Cela était rarement pratiqué dans les campagnes car, si pendant le premier quart du temps de distillation on a obtenu les trois quarts de l'huile essentielle, pendant le reste du temps on n'en tirera qu'un quart...et cela n'est pas rentable pour le distillateur. Pour une huile à destination thérapeuthique, il est au contraire important d'avoir tous les composants.
Remarques:
On se demande souvent pourquoi le chapiteau d'un alambic pour la distillation des huiles essentielles n'a pas la même forme que celui utilisé pour distiller des alcools.
Voici deux schémas:
le chapiteau de l'alambic charentais utilisé pour la distillation du cognac, dit "à col de cygne",
celui de l'alambic utilisé pour distiller la lavande, dit "tête de Maure".
Pour le premier, le chapeau concentre les vapeurs et en condense une partie; elles retournent dans l'alambic, le col de cygne lui-même, dans sa partie ascendante, produit le même effet; cela a donc un effet de rectification recherché pour augmenter le degré en alcool dans les deux distillations successives nécessaires pour la fabrication du cognac. Dans le deuxième, les vapeurs sont conduites directement sans presque de retour, sauf à la première minute, donc sans rectification qui n'est pas souhaitable dans le cas des huiles essentielles, nous verrons pourquoi plus tard.
II.Variations sur l'alambic classique
L'hydrodistillation "par descendum":
Ce modèle d'alambic date d'une quinzaine d'années, qui ont été utiles pour la mise au point qui semble maintenant satisfaisante. Ces appareils sont à circuit inversé. Dans l'alambic que nous venons d'étudier, la vapeur est injectée par le bas de la cuve et remonte à travers les plantes. Dans ce dernier, la vapeur est envoyée par la partie supérieure, traverse les plantes, est condensée par un refroidsisseur en tubes, et ruisselle vers l'essencier. La pression de vapeur est infférieure à celle de l'alambic classique.
Avantage de cet alambic
-Le rendement est très légèrement supérieur.
-La durée de la distillation est plus réduite (de 30 % environ)
-La qualité des huiles essentielles est satisfaisante.
-Il est simple à utiliser, étant entièrement automatisée: réglage de la durée de distillation suivant les plantes à distiller, chargement, déchargement et changement de cuve par simple commande, d'où économie de main d'oevre.
Inconvenients
-A volume égal, distillation d'un poids de plantes réduit au 1/3, car elles ne doivent pas être tassées; donc, temps plus important malgré la différence de durée d'une distillation.
Alambic de distillation sous vide:
Le prototypen d'un appareil distillant sous vide à température de 50° est étudié dans un Centre de Recherches. Ce perfectionnement nous semble des plus intéressants. Les premiers essais sur diverses fleurs ou plantes (dont violette, origan...) paraissent prometteurs.
En effet:
a) L'huile essentielle obtenue reproduit exactement l'exhalation parfumée de la fleur distillée, ce qui n'est pas le cas avec la distillation classique.
b) La chromatographie du produit est légèrement plus riche en composants sans perdre aucun des pics de celle du même produit obtenu par voie classique.
Le temps de distillation est réduit.
Des plantes intéressantes, peu riches en huile essentielle (quelques-unes uniquement traitées par enfleurage autrefois), extraites actuellement avec des solvants, pourraient ainsi livrer une huile essentielle pure. C'est ainsi que des huiles essentielles comme celles de jasmin, giroflée, iris, narcisse, que nous ne pouvons actuellement utiliser en thérapeuthique telles qu'elles existent, pourraient trouver leur place dans la pharmacopée de l'aromathérapie. Il faudra attendre quelques mois pour que des essais plus nombreux, avec des appareils plus importants, nous donnent une connaissance plus approfondie.
III. Distillation à haute pression et haute température
Ce mode de distillation utilisé industriellement pour la parfumerie permet une extraction plus complète des produits volatils en un temps plus court et avec moins de vapeur.
Inconvénients:
l'eau condensée ruisselant des plantes contient des matières végétales qui subissent une décomposition. Ces produits altèrent les les huiles essentielles au détriment de leur qualité. Les portions les plus volatiles des huiles sont elles-mêmes décomposés par la haute température. La haute pression elle-même provoque une résinification det la formation de composées insolubles indésirables. Des huiles ainsi obtenues ne sont donc pas recommandables.
En parfumerie d'autres purifications permettent d'en tirer des produits dont l'odeur est agréable, mais qui n'ont pas les propriétés souhaitées pour une usage médical.
IV. Entraînement avec des solvants
Ce mode d'obtention qui conduit aux concrètes et absolues est à proscrire pour les huiles essentielles à destination thérapeuthiques. Cette technique est actuellement appliquée dans le monde entier, soit pour obtenir des produits que l'on ne peut extraire par un autre procédé, soit en vue de rendements bien supérieurs.
Les solvants organiques utilisés sont très dangereux, aussi bien pour l'ouvrier qui les manipule, que pour celui qui absorbe les produits ainsi obtenus.
Voici deux tableaux, l'un indiquant les principaux solvants utilisés, le second donnant les principaux symptômes d'intoxication relatifs aux solvants usuels.
|
Indication chronique |
Intoxication aigue |
| Du propane à l'hexane |
Altération de l'état général, anémie, irritation des muqueuses superficielles, troubles sensistifs et moteurs |
Intoxication du système nerveux central, agitation, incohérence du language, tremblements, convulsions, accélération du pouls et vulter de la face suivies de narcose avec cyanose des lèvres. |
| Benzène, toluène |
Anémie, éosinophilie constante, action élective sur le système nerveux central et périphérique, manifestations pathologiques respiratoires, cardiaques, du foie, de la rate, hémorrogies des muqueuses, dégénérescence graisseuse, avitaminose C. |
Lésions des organes hématopoïétiques, vertiges, céphalées, nausées puis mouvements convulsifs, paralysie et perte de connaissance. Une atmosphère à 7,5 % présente un danger mortel en 30 mn, à 20 % elle entraine la mort en quelques minutes. |
| Méthanol |
Irritation des muqueuses, céphalées, manifestations pathologiques au niveau de la foie et de la rate, action élective sur le système nerveux central et périphérique. |
Lésions du système nerveux, narcose, séquelles oculaires (cécité). |
| Alcool éthilique |
Céphalées, manifestations pathologiques au niveau de la foie et de la rate, action élective sur le système nerveux central et périphérique |
Vertige, ébriété, nausées, syncopes |
| Acétone |
Vertiges, syncopes. |
Irritation des muqueuses, narcose. Certains individus ont une idiosyncrasie accusée pour ce solvant. |
| Tableaux extraits de "Technologie et parfums naturels" par Y.R.Naves, Masson, 1974. |
Des analyses sérieuses par les méthodes les plus modernes montrent que les proportions de solvants résiduaires dans les concrètes se situent entre 2 et 4 % atteignant souvent 6 % et même parfois 25 %; les absolues obtenues par lavage à l'alcool des concrètes, contiennent encore des p.p.m importantes de ces solvants. Les p.p.m admises par la US Food Drug Administration sont au maximum de 25 p.p.m. pour l'hexane et de 30 p.p.m. pour les solvants chlorés. Des produits satisfaisantes à ces normes sont exeptionnels et chers. Et cependant pour un usage médical, on ne peut même pas admettre ces p.p.m.
Signalons aussi que le procédé d'extraction peut modifiér la composition de l'huile essentielle. Ainsi, les boutons floraux, clous du girofflier, Eugenia caryophyllata, fournissent par hydrodistillation une huile essentielle renfermant 70 à 90 % d'eugénol, mais aussi 5 à 12 % de caryophyllène,substance qui est absente dans le produit d'extraction par le benzène. Le caryophyllène est engendré par l'action de la vapeur d'eau à partir de substances plus complexes insolubles dans le benzène. Il en est de même pour les azulènes de l'huile essentielle de camomille matricaire, qui sont responsables de la couleur bleu de Prusse de cette essence et dont la présence est la raison du choix thérapeuthique. Pour toutes ces raisons, les prescriptions d'huiles essentielles de gui, héliotrope, jasmin, giroflée, iris, lys, houblon, etc... dont les concrètes et absolues sont obtenues par extraction avec solvants dangereux, sont à écarter de l'aromathérapie. De même leur présence sur une liste de produits destinés à l'aromathérapie peuvent la rendre suspecte et inciter à une certaine prudence.
Signalons aussi l'huile essentielle de lentisque pistachier assez fréquemment prescrite. Le rendement est si faible que l'huile essentielle serait d'un prix prohibitif, supérieur à celui de la rose et du néroli. Les huiles essentielles du marché proviennent de concrète ou de repasse de concrète sur du lentsique pistachier broyé, donc contiennent des pourcentages importants de produits dangereux. La seule huile essentielle admissible est une huile essentielle par entraînement avec des huiles essentielles naturelles.
V. Distillation à la vapeur d'eau avec entrainement par huiles essentielles
Certaines plantes fournissent par entraînement à la vapeur des pourcentages infimes d'huile essentielle. C'est le cas, entre autres, du tilleul, du sureau, de la mélisse, du mimosa, du mélilot, des fleurs d'acacia, du lentsique pistachier. Obtenues par ce procédé, les huiles essentielles sont d'un prix de revient si élevé que l'emploi en serait soit impossible soit réservé à une clientée priviligiée et très restrainte.
Citons le cas de la mélisse dont le rendement est de 0,014 %, c'est-à-dire de 1 litre pour environ 7 tonnes de plantes. Et ce rendement est encore élevé si on le compare à celui du tilleul, du mimosa.
Ces huiles essentielles, pour un rendement plus élevé, sont extraites avec des solvants, donc à déconseiller.
Le seul procédé compatible avec un usage médical est d'entraîner ces huiles essentielles par distillation à la vapeur avec une ou plusieurs autres huiles essentielles. Ces dernières ne peuvent être choisi au hasard. Il faut, ou bien que l'on retrouve des propriétés voisines, même atténuées, ou bien des propriétés complémentaires, les composants du mélange agissant en synergie. Le produit obtenu aura alors des propriétés comparables à celles de l'huile essentielle pure. Deux procédés de distillation sont possibles. Ou bien distillation d'un mélange de plantes, ou bien addition d'huiles essentielles naturelles à la plante à distiller. Le produit résultant doit comporter une mention indiquant les huiles essentielles d'entraînement soit explicitement, soit en code.
VI. Extraction par expression
Ce procédé est le plus simple de tous, mais il ne peut convenir que pour des écorces fraîches, très riches en essence. Telles sont les écorces des hespéridées: cedrat, bergamotte, limette, citron, orange.
L'expression se fait au moyen de presses hydrauliques, mais on utilise des procédés plus primitifs comme à l'eponge ou à l'écuelle, qui donnent un produit de qualité bien supérieure.
VII. Extraction par enfleurage
Ce procédé utilisé à Grasse, en particulier pour le jasmin, la tubéreuse, avant le développement de l'extraction par solvants est maintenant abandonné. Il consistait, dés la récolte de fleurs fraîches, à les intercaler entre des couches de graisse animale qui retenait le parfum. La "pommade" parfumée était lavée à l'alcool qui retenait le parfum. Pour la rose, la fleur d'oranger, l'acacia, le mimosa, l'enfleurage à froid étant insuffisant, on procédait à une immersion dans de la graisse chauffée à 80 °.
VIII. Extraction par CO2 liquide
Cette méthode utilisée d'abord en brasserie pour obtenir des extraits de houblon, semblait à priori intéressante d'une part pour augmenter le rendement dans le cas de plantes peu riches en huiles essentielles, d'autre part le CO2 s'évaporant complètement ne laissait aucune trace toxique dans l'huile essentielle. Nous avons fait des essais en particulier pour de la rose. Mais, d'une part, le produit obtenu était olfactivement mois fin et, surtout, les chromatographies étaient très différentes. Certains des pics les plus volatils présents pour le produit distillé par entraînement à la vapeur, manquaient sur les chromatographies de celui distillé au CO2. Cela nous a entraînés à ne pas utiliser ce procédé. Dans une prochaine étude nous parlerons de la conservation des huiles essentielles, de la déterpénation et du contrôle de la qualité.
Les huiles essentielles et leur distillation, part 2:
(D'après des articles de Henri Viaud, distillateur-Thérapeutiques naturelles-GNOMA-1993)
Modes particuliers de distillation
Les semences
Si les semences sont entassées sans précaution dans la cuve, la masse s'oppose au passage du flux de vapeur qui crée des cheminées. Seules les graines entourant ces cheminées sont distillées. Il convient donc de disposer dans la cuve une série de plateaux dont le fond est un tamis et de placer les graines sur ces tamis par couches de 10 cm d'épaisseur au plus.
Pour faciliter l'extraction on peut broyer les semences, mais ceci conduit parfois à une altération du produit final. Il est préférable de commencer la distillation de la cuve pendant 2 heures, ensuite de laisser macérer les semences humidifiées pendant 24 heures dans la cuve, ce qui provoque l'éclatement des coques, et de reprendre ensuite la distillation. Dans le cas ou les fruits sont gros (noix de muscade), il est nécessaire de les diviser pour pouvoir extraire toute l'huile essentielle.
Rameaux, bourgeons de résineux
L'extraction de l'huile essentielle est facilité lorsque la distillation est discontinue. Par exemple, si l'on dispose de deux cuves, on envoie la vapeur pendant deux heures dans la première; ensuite pendant deux heures dans la seconde, ceci deux fois de suite avant de terminer les distillations. Les durées de distillation sont assez longues, surtout pour les cyprès, thuya, genévrier, mélèze.
Racines, bois
Ces parties de la plante doivent être nécessairement divisées car se sont les cellules ligneuses qui contiennent les essences. Ces cellules ont des parois épaisses et lignifiées et sont isolées par les fibres ligneuses. Il ne faudra tout de meme pas aller jusqu'a une pulvérisation très fine car, d'une part, la composition des huiles essentielles pourrait être altérée, et d'autre part, il y aurrait des pertes d'évaporation.
Plantes fraiches, plantes sèches
Dans la majorité des cas on a intérêt à distiller des plantes fraichement ceuillis. Les menthes, par contre, sont difficiles à distiller fraîches. Après 48 heures de séchage naturel, l'huile essentielle est obtenu bien plus facilement et la distillation est plus courte. Dans le cas de la lavande sauvage ou la récolte à la faucille dure plus d'un mois en remontant en altitude, on dispose les fleurs en cordons non tassés de 50 cm de haut (cavalées) pour qu'il ne se produise pas de fermentation (distillation spontanée) et quelques jours s'écoulent entre chaque distillation. Les fleurs de Canangium odoratum, qui fournissent l'huile essentielle d'Ylang Ylang, doivent impérativement être distillées immédiatement après la ceuillette pour éviter fermentation et évaporation de l'huile essentielle. Les fleurs contenant davantage d'essence dés la tombée de la nuit et pendant la nuit sont récoltées du point du jour et jusqu'à la distillerie. On ne peut donc les distiller que sur place, aux Comores ou à Nossi Bé. Les rendements par distillation de plantes des régions tempérées conservées séchées sont seulement un peu plus faibles en général. Les semences conservent intacte pendant de longues années les cellules contenant les essences, alors que les huiles essentielles extraites sont plus difficiles à conserver, s'oxydant plus au moins vite selons les conditions de stockage.
Cas particiliers de distillation: ail, oignon...
L'ail pressé contient de l'alliine non bactéricide. Sous l'effet d'un enzyme, l'allicinase, dans les bulbes éclatés, l'alliine se transforme en allicine bactéricide. Celle-ci est instable et ne peut être isolée que par une distillation sous pression très réduite ou elle se décompose en sulfides: diallylly, diéthyle et allylipropyle. Il faut une distillation sous 16 mm de pression entre 65° et 125°. De même pour l'oignon sous 10 mm de pression entre 65° et 125°.
Huile essentielle d'amande amère: elle est issue de la distillation de tourteaux de noyaux d'abricot. L'huile essentielle ne préexiste pas. Sous l'influence d'un ferment naturel, l'émulsine, à une température inférieure à 60° pendant 12 heures, la réaction suivante se produit:
C20 H27 NO11 + 2H2O-C6 H5 CHO+CNH+2C6 H12 O6
donnant naissance aux composants de l'huile essentielle:
aldéhyde benzoique+acide cyanhydrique+glucose.
De même la primevérosidase dédouble le monotropidoside du Betula lenta et de la Gaulthérie en primevérose et salicylate de méthyle composants de l'huile essentielle de Wintergreen.
Cohobation
Les eaux de distillation sortant du serpentin avec l'huile essentielle entrainant celle-ci de plusieurs manières. Comme nous l'avons vu, la part souvent la plus importante de ces huiles n'est pas mélangée, qu'elle soit plus légère ou plus lourde que l'eau. C'est la partie que nous receuillons le plus aisément. Mais ces eaux entrainent aussi une certaine quantité d'huile essentielle en suspension ou dissoute. Cette part est négligeable dans la plupart des cas. La part d'huile en suspension dépend surtout de la densité. Des huiles de densité voisine de l'eau donnent un aspect laiteux au mélange sortant du serpentin. En ce cas il serait suffisant de laisser reposer le mélange plusieurs heures pour récupérer l'huile de densité proche d'eau, soit à la surface (huile plus légère), soit au fond(huile plus lourde). Les quantités évacuées ne le permettent pas. Il est indiquée, en ce cas, de placer plusieurs essenciers en cascade à la sortie du serpentin.
Pour les parties solubles, le procédé utilisée est la cohobation. Il s'agit de renvoyer les eaux sortant de l'essencier dans la cuve de distillation soit au cours de la distillation, soit après, soit encore dans une nouvelle cuve à distiller. On récupère ainsi une partie de l'huile en solution, le coefficient de solubilité ne pouvant être dépassé. Ceci est d'autant plus important que le rendement en huile essentielle est faible et le prix de revient élevé-c'est le cas de la rose- ou bien que la solubilité est importante-c'est le cas des graines de coriandre. Pour la rose on retire seulement 25% d'huile essentielle en distillation directe et 75% supplementaire par cohobation. Suivant les conditions climatiques, l'obtention de 1 kg d(huile essentielle de Rosa damascena nécessite de 3000 à 8000 kg de fleurs. Et la fleur de cette variété est à peine plus grosse qu'une fleur d'églantine!
Il faut noter que les coefficients de solubilité des divers composants étant différents, certains, importants, pourraient etre en pourcentage insuffisants dans une huile essentielle non cohobée.
Voici quelques exemples de quantité d'huile récupérée en grammes pour 1000 litres d'eau:
| Plante |
Poids récupérée/Grammes/1000 l: |
| Camomille romaine fleurs |
.100-120 |
| Coriandre semences |
625-650 |
| Aneth semences |
360-450 |
| Fenouil semences |
.175-200 |
| Lavande |
.150-200 |
| Menthe poivrée |
400-500 |
| Sauge officinale |
.300 |
| Tanaisie |
.540 |
........................................
On pourrait penser qu'au lieu de renvoyer les eaux dans la cuve il suffirait, ce qui est plus simple, de les recycler dans l'eau de la chaudière qui fournit la vapeur. Mais la température est plus élevée dans la chaudière que dans la cuve et des composants essentiels seraient décomposés.
Remarque:
Il faut noter que, malgré les points d'ébullition élevés des huiles essentielles-185° pour celle de Lavandula vera, 255° our celle de Gurjum...
-le mélange de la cuve bout à une température inférieure à 100° qui est la température d'ébulition de l'eau.
Quand il s'agit de mélanges homogènes de corps volatils, la distillation se produit lorsque la somme des tensions de vapeurs composés est égale à la pression atmoshérique.
Lorsqu'on est en présence d'un mélange hétérogène, tel que l'eau et les essences, celles-ci passent à la distillation à une température voisine de +100°: deux corps non miscibles constituent un système dont la tension de vapeur est égale à la somme des tensions de vapeur individuelle des deux corps. Ainsi l'eau bout à +100°, l'essence de térébenthine à +158°, le mélange bout vers +95° parce que, à cette température, la somme des tensions soit: 644mm+110mm=745 mm de mercure. A +100° la tension de vapeur serait: 760 mm+131 mm=891 mm; par conséquent supérieure à la pression atmosphérique, ce qui montre bien que la distillation doit se produire avant 100°.
Distillations complètes
C'est souvent la multiplicité des petits composants qui donne la tonalité thérapeuthique et fait l'efficacité d'une huile essentielle. Si, dans bien des cas, les composants principaux sont à la source de l'effet recherché, leur utilisation en produit isolé ne donne pas satisfaction. Or les utilisateurs, antérieurement au développement de l'aromathérapie, n'avaient pas les memes préoccupations. La recherche était guidée par d'autres exigences, principalement olfactives. La distillation et les traitements ultérieurs étaient conduits en ce sens.
Prenons un exemple simple: le cas de l'huile essentielle d'Ylang Ylang, produit important pour la parfumerie. La distillation dure 14 heures. Les parfumeurs, trouvant plus suave et plus fine l'odeur des premières parties de l'huile distillée contenant seulements les composants les plus volatils, ont prélevé, au fur et à mesure de la distillation 4 parties dénommées: Extra, Première, Deuxième et Troisième, qu'ils vendent en prix dégressifs sous ces appellations. Mais il faut bien comprendre que l'Ylang Ylang "extra", s'il signifie bien "extra bon" pour la composition d'un parfum, ne veut pas dire de meilleure qualité pour un usage médical, mais au contraire "moins bon " que l'huile essentielle d'Ylang Ylang dite "complète" qui comprend la totalité des composants.